Compte rendu : Agile Tour 2008 à Toulouse
Mardi 21 octobre 2008Comme je savais depuis quelque temps que j’allais partir m’installer à Toulouse, je m’étais inscrit à l’étape locale de l’Agile Tour, découvert via Eric Lefèvre. Bien m’en a pris, puisque cela s’est révélé très intéressant.
Je n’ai pas pu rester jusqu’au bout, j’ai donc assisté aux conférences suivantes :
- Introduction aux méthodes agiles, par Olivier Azeau
- Présentation Scrum, par Claude Aubry
- Présentation XP, par Thierry Cros
- L’agilité en situation, par Claude Aubry et Philippe Kruchten
- Outils agiles, par Jean-Marie Damas et Stéphane Maldini
L’introduction aux méthodes agiles était un peu poussive, l’intervenant ayant du mal à faire une présentation. Je n’en ai pas retenu grand chose de nouveau.
Pour la présentation de Scrum, Claude Aubry s’est révélé très drôle, même si sa présentation manquait parfois de rythme, et s’il n’a pas su interpréter correctement les signaux que lui envoyaient les maîtres du temps. Le point important qu’il a souligné est que Scrum est une méthode de conduite de projet, quasiment un processus, qui n’est pas dédiée à l’informatique. De plus, Scrum offre un processus intéressant : la phase initiale est définie, la phase finale également, mais la transition d’une phase à l’autre ne l’est pas. Elle se compose de plusieurs itérations qui s’enchaînent jusqu’à ce que l’objectif ait été atteint. Chacune de ces itérations boucle façon roue de Demming, sauf que les 4 étapes sont nommées différemment.
Claude Aubry aurait pu expliquer plus en quoi Scrum est agile. J’ai surtout retenu la dimension itérative, mais pour l’agilité, j’avoue avoir moins retenu.
La présentation XP de Thierry Cros a été réduite à la portion congrue, même pas 10 minutes, puisque la présentation de Scrum a duré bien trop longtemps. C’est très dommage, car Thierry Cros s’est montré très bon connaisseur de son sujet — c’est bien le moins pour le fondateur de XP France — et capable de présenter de façon structurée et compréhensible une méthode XP qui semble trop souvent ad-hocquiste et fouillis. Heureusement, sa présentation est en ligne.
Le clou du spectacle était incontestablement la présentation conjointe de Claude Aubry et Philippe Kruchten sur l’agilité en situation. Philippe Kruchten est un des piliers de la méthode RUP (Rational Unified Process), et il s’est révélé très doué pour faire une présentation avec la dose d’humour adéquate.
J’ai été particulièrement satisfait de cette présentation. Premièrement parce qu’elle va à contre-courant de ce que j’ai souvent lu pour l’application des méthodes agiles, à savoir que la meilleure façon de mettre en place une méthode agile, c’est de commencer par appliquer toute la méthode, pour ensuite voir ce que l’on en retient (ainsi chez Craig Larman, dans “Agile and Iterative Development“). Aubry et Kruchten disent l’inverse. Et je dirai que c’est le bon sens même. Pour eux, il faut sélectionner les pratiques que l’on va mettre en place, en faisant une analyse de son contexte.
Et c’est là le second point qui m’a particulièrement intéressé : l’aspect méthodologique. Les deux intervenants ont expliqué qu’il fallait commencer par analyser l’environnement de l’entreprise, pour ensuite déterminer le contexte du projet, lequel permet alors de choisir les pratiques agiles à mettre en œuvre. Il faut retenir ces phrases fortes : “Les bonnes pratiques sont le pire ennemi du contexte.” et “La valeur de toute pratique dépend de son contexte.”. Elles résument les fondements de l’agilité.
L’application de l’ensemble des pratiques agiles n’est envisageable que pour des projets bien déterminés : des équipes de taille faible (5-12 personnes), travaillant en un même lieu, sur un nouveau projet, à temps plein, avec le client sur place, etc. Mais pour nous autres qui devons composer avec la réalité des personnels à temps partiels, des équipes réparties, des MOA distantes, des projets en maintenance, l’application systématique de chacune des pratiques mènerait au désastre. Alors il faut savoir bien prendre en compte ces contraintes pour ne sélectionner que les pratiques applicables.
Pour le reste, je renvoie à leur présentation, que je ne voudrais pas paraphraser plus. Une dernière citation : “Le contexte, le contexte, le contexte !” (à scander à la manière du fameux “location, location, location !” des agents immobiliers américains).
Dernière présentation : les outils agiles. J’avoue être resté sur ma faim. Les outils sont encore jeunes, et même si IceScrum semble plein de promesses, ses fonctionnalités sont encore insuffisantes. Mais peut-être que la solution est d’utiliser les outils existants en mettant en place les pratiques agiles !
Au total, une conférence très intéressante sur la partie “agilité en pratique”, un peu moins sur le reste. Pourvu qu’il y en ait d’autres !
